Essai d'histoire culturelle, l'ouvrage "La sorcellerie" suit la longue aventure des sciences occultes telles qu'elles ont été imaginées et pratiquées: magie, cabale, divination, nécromancie, astrologie, alchimie. L'auteur part d'une idée simple: l'espoir de changer les lois de la nature et de soumettre les invisibles a des formules. Il rappelle la sévérité biblique envers enchanteurs, magiciens et évocateurs, puis insiste sur une distinction majeure: dans l'Ecriture, Satan agit avec la permission de Dieu, tandis que la sorcellerie médiévale fait du demon un serviteur asservi a la volonté humaine. Du monde païen au Moyen Age, le livre dresse une généalogie: théurgie et goétie, figures de magiciennes antiques, metamorphoses et maléfices, puis transformation des anciens dieux en demons a l'avènement du christianisme. Il s'arrête aussi sur la figure de l'enchanteur (Merlin) avant d'entrer dans la sorcellerie proprement dite: ses buts matériels (richesse, amour, vengeance, puissance), ses emprunts aux pseudo-sciences, et ses mecanismes centraux - pacte infernal, contrat, invocation, hiérarchie démonique. Louandre détaille ensuite l'outillage du sorcier: recettes de conjurations, clavicules et grimoires, pentacles, sacrifices, onguents, poudres et breuvages, usage de plantes vénéneuses, d'animaux et meme de debris de cadavres. A travers anecdotes et classifications, l'ouvrage montre comment ces croyances ont prospéré, été combattues par l'Eglise et les lois, puis ont fini par perdre leur prestige a l'époque moderne.