Dans une paroisse du Nordland, le domaine de Segelfoss concentre une histoire de puissance rurale, de travail et de hiérarchie sociale. Le recit s'ouvre sur la constitution du "bien" : scierie, moulin, tuilerie, vastes forets, betail et personnel nombreux, sous l'autorite de Willatz Holmsen. Puis vient l'époque de Willatz Holmsen II, qui transforme Segelfoss en residence fastueuse (maison de maitres, serre, galerie de tableaux, bibliothèque, argenterie, domestiques, voyages). La chaine familiale se poursuit avec Willatz Holmsen III, appele "le Lieutenant" : revenu a Segelfoss avec une carriere brisee et une dette bancaire, il reste seul maitre du domaine, taciturne, orgueilleux, respecte davantage qu'aime.
A Segelfoss, le Lieutenant vit avec Adelheid, son épouse venue de Hanovre, cavalière et attachée aux usages de maison (gouvernante, service, étiquette). Le roman décrit la gestion quotidienne d'un grand domaine (travaux, métayers, commerce, approvisionnements par caboteurs depuis Bergen), ainsi que les décisions d'investissement et leurs conséquences : le barrage du moulin, les travaux, l'église (réparations et reconstruction), et la place des notables et fonctionnaires dans la paroisse.
L'équilibre local se modifie avec l'arrivee de Tobias Holmengraa, entrepreneur surnomme "le Roi", qui installe activités, quai, circulation, ouvriers, et attire un nouveau mouvement économique a Segelfoss. Holmengraa s'organise, fait venir ses enfants (Mariane et Felix) et s'enracine dans un "nouveau foyer", pendant que les habitants observent le travail, les échanges, et les tensions d'interets. Le récit suit aussi la trajectoire de Jeune Willatz (éducation, départ à l'étranger), les figures de service et d'administration (Baardsen, telegraphe ; Demoiselle Salvesen), et l'humeur collective d'une communauté que l'activité ne suffit pas à rassurer.
La fin conduit a la mort du Lieutenant : Jeune Willatz revient, rencontre les gens du domaine, puis découvre le corps de son père a la tuilerie, recouvert d'un manteau militaire "parce que c'était sa place", avant que la vie du commerce reprenne (déchargement du seigle sur la jetée).