Dans une chambre d'hotel de la rue Dauphine, a Paris, Olivier Becaille est declare mort au petit matin. Pourtant, sous l'immobilité de la syncope, sa pensée demeure lucide : il entend Marguerite pleurer, sent l'angoisse monter, et revit une existence fragile marquee par la peur de la terre et du néant. La journées bascule lorsque la mécanique du deuil s'enclenche : visite expéditive du médecin, veillée, toilette funèbre, puis les clous du cercueil qui s'enfoncent un a un. Enferme dans le bois, cahote jusqu'au cimetière, il retrouve la conscience trop tard. Commence alors une lutte suffocante dans la fosse : asphyxie, froid, vertige, hurlements étouffes, et l'idée fixe de briser sa prison.
Un clou mal plante devient l'outil du salut. A force d'entaille, le couvercle cede ; un vide sous ses pieds s'ouvre sur une fosse nouvellement creusée, et la nuit lui rend l'air, les étoiles et l'odeur des arbres. Il efface les traces, saute hors de la tombe, et regagne Paris, fiévreux, méfiant, decide a revoir sa femme. Récit a la premiere personne, découpe en cinq parties, le texte suit minute par minute la frontière incertaine entre vie et mort : les gestes ordinaires (le cafe du matin, les cris des marchands, le filtre qui goutte) côtoient la hate des croque-morts et le silence du cimetière. Entre Guérande, les souvenirs de jeunesse et l'arrivée précaire a Paris, l'histoire met a nu une misère quotidienne, une intimité conjugale pudique, et la solitude d'un homme que personne n'entend.
Mais le retour a un prix : le monde a déjà remplace le mort. A l'écoute de paroles cruelles et pratiques, Olivier comprend que sa disparition libère Marguerite et qu'un mort n'est pas jaloux. Dans le jardin du Luxembourg, au soleil, il choisit de ne pas ressusciter aux yeux des autres.
Une lecture intense pour les amateurs de litterature classique francaise, de recits d'angoisse et de survie, ou le moindre bruit dans le cercueil devient suspense.
Un roman de Emile Zola